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Kirghizistan : pas d’argent sans légitimité
01/05/2010
Selon sa présidente, Mme Rosa Otunbaeva, l’absence de reconnaissance officielle du gouvernement kirghize le prive de crédits indispensables. Mme Otunbaeva renvoie « à plus tard » la question des bases militaires russe et américaine dans le pays, et ne remet pas en cause le statut officiel de la langue russe dans le pays.
Dans une longue interview donnée à l’agence russe Interfax le 25 avril, Mme Roza Otunbaeva, présidente du gouvernement provisoire kirghize, évoque les problèmes pratiques causés par le manque de légitimité officielle des nouvelles autorités. « Formellement, nous sommes toujours membres de toutes les organisations internationale », a-t-elle souligné, en relevant que des « formalités juridiques » empêchent le nouveau gouvernement de jouir de « tous les droits que donne la qualité de membre de ces organisations. Par exemple, les institutions financières internationales, pour le dire poliment, ne se pressent pas pour nous accorder des crédits pourtant tellement indispensables ».
Alors que des élections générales devraient avoir lieu en octobre prochain, pour éviter les critiques de manipulations des résultats qui suivent traditionnellement chaque scrutin, Mme Otunbaeva a annoncé que le gouvernement avait décidé qu’un tiers des membres de la Commission électorale centrale devraient être mandatés par les Nations unies : « Ceux-là, il sera impossible de les accuser de quelconques arrangements », a-t-elle commenté.
Proximité avec la Russie
Evoquant le statut de la langue russe dans le pays, qui est une langue officielle au Kirghizistan (avec le kirghize, dont le statut est celui de « langue gouvernementale »), Mme Otunbaeva a souligné les liens particuliers qui unissent son pays à la Russie. « Nos concitoyens ont beaucoup de parents en Russie, et des Russes ont des parents dans notre pays. Notre business technologique, c’est un business russe (…), donc la question du statut de la langue russe ne peut absolument plus être posée ».
Répondant à une question sur l’avenir des bases militaires américaine et russe situées près de la capitale Bichkek, Mme Otunbaeva a affirmé la volonté de « respecter tous les accords et conventions conclus précédemment ». Elle a toutefois souligné, concernant la base américaine de Manas, que « nous ne savons pas selon quelle convention elle fonctionne ». Mais dans la situation actuelle du pays, « pour nous, la question de la présence de la base n’est pas la plus prioritaire ». Une question renvoyée pour l’instant à « plus tard ».
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