Turkménistan

L’Ouzbékistan : un pays opaque

30/06/2011

Médias sous contrôle, rareté d’informations fiables, et représentants officiels refusant de répondre aux questions des journalistes : l’Ouzbékistan reste un pays extrêmement difficile à analyser.

En raison de la situation particulière de la liberté d’expression et de la rareté d’informations fiables et indépendantes, l’Ouzbékistan est un pays très difficile à analyser. Reporters sans Frontières le classe à la 163ème place sur 178 Etats en matière de liberté de la presse, et qualifie le président Islam Karimov de « prédateur de la liberté de la presse ». Déjà dubitatifs devant des médias locaux surveillés, les observateurs sont en outre privés des reportages sur place de médias comme la BBC, qui, pour des raisons de sécurité, ont retiré leurs correspondants du pays. Les interlocuteurs sur place refusent souvent de témoigner autrement que de manière anonyme.

Peu d’information de première main

En 2007, l’International Crisis Group avertissait qu’elle avait, « durant les deux dernières années », à l’instar d’autres analystes, connu « des difficultés croissantes à obtenir des informations directes sur l’Ouzbékistan ». Son dernier rapport en date, n’était alors basé que « sur des rapports publiés et des interviews de personnes ayant récemment quitté le pays », dont les noms ne pouvaient être mentionnés pour des « raisons de sécurité ».

« Let’s ignore the facts »

Dans un livre choc publié en 2006, l’ancien ambassadeur britannique à Tachkent Craig Murray qualifiait de « let’s ignore the facts » (« ignorons les faits ») l’attitude qu’avait adoptée vis-à-vis de l’Ouzbékistan la communauté internationale, désireuse avant tout de s’assurer de sa collaboration dans les opérations militaires menées en Afghanistan après le 11 septembre 2001. Cette approche toutefois s’étendait également aux institutions financières internationales, peu soucieuses du suivre dans le détail l’utilisation des crédits accordés à l’Ouzbékistan, et se contentant de statistiques parfois parfaitement contradictoires.

Un sec « no comment »

La situation n’a guère changé depuis : quelques médias spécialisés, et les rapports d’organisations non-gouvernementales (que l’on ne peut vérifier qu’avec des correspondants impossibles à citer), constituent dès lors les principales sources disponibles. Enfin, les représentations ouzbèkes en Suisse ou en France, refusent tout simplement de répondre aux journalistes. Après que le téléphone de la Mission de Genève ait sonné plusieurs jours dans le vide, invité par Europe-Asie.org à s’exprimer sur le travail forcé des enfants, un représentant de l’ambassade ouzbèke à Paris s’est contenté d’exprimer un puissant « no comment, no comment », avant de raccrocher brutalement le téléphone.

@Europe-Asie

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