Kazakhstan
Kirghizistan : maxi-procès interrompu par des incidents
18/11/2010
Insultes à l’intention du président du tribunal, insultes et coups donnés aux avocats de la défense, début de bagarre générale : le maxi-procès de Bichkek sur les événements du 7 avril 2010, que certains considèrent comme un « show » a été interrompu dès le premier jour.
C’est sous la protection de quelque 500 membres des forces de l’ordre, selon l’agence 24.kg, que s’est ouvert, mercredi 17 novembre, le procès de 28 accusés de meurtre et d’abus de pouvoir lors des manifestations de masse du 7 avril dernier dans la capitale du Kirghizistan. Ces événements, qui avaient provoqué la fuite du président et de ses proches hors du pays, avaient provoqué la mort de 87 personnes, dont 78 sont représentées comme partie civile. D’autres victimes, blessées, se sont également constituées parties civiles. Le procès, très attendu, avait été déclaré public, et organisé dans le Palais des sports de la ville.
A coups de béquille
Cette sorte de maxi-procès, conduit par le Tribunal militaire de la garnison de Bichkek, placé sous la présidence du juge Zhakypbek Bektemirov, a été très vite émaillé d’incidents, qui l’ont forcé à interrompre les débats. Ces incidents ont opposé, notamment, des blessés du 7 avril aux avocats de la défense. Après avoir proféré des menaces de morts à l’encontre des familles des accusés présents (6 d’entre eux sont jugés par contumace), certains s’en sont pris physiquement aux avocats, l’un d’eux recevant, selon 24.kg, des coups de béquille de la part d’un blessé.
« La foule mène le procès »
Le juge du tribunal n’a pas été non plus épargné, recevant sa part d’insultes lors de ses tentatives de rétablir l’ordre dans la salle, qui accueillait, selon certaines estimations, quelque 600 personnes. Après de nouvelles échauffourées menaçant de dégénérer en bagarre générale, le président a décrété l’interruption du procès, le reportant à aujourd’hui, jeudi 18 novembre. Un vrai « show », devait déclarer la militante des droits de l’homme Cholpon Dzhakupova à l’agence 24.kg. « On l’impression que c’est la foule qui mène le procès, et pas le tribunal. Et cela provoque une vive inquiétude ».
©Europe-Asie
