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Médias : complaisance de médias français vis-à-vis de Ben Ali

canard_enchain

 

02/07/2011

Selon le Canard Enchaîné, des billets d’avion et séjours « pieds dans l’eau », des galas réunissant dignitaires tunisiens et le « gratin politico-journalistique français » ont permis, pendant des années, d’assurer une couverture favorable de la Tunisie par une partie de la presse française.

Un article du Canard Enchaîné du 29 juin –« Quand le gratin de la presse française bronzait aux frais de Ben Ali »- jette un éclairage sur le travail de relations publiques réalisé, durant treize ans par l’agence française de communication Image 7 pour le compte du régime tunisien de Ben Ali, destitué et en exil de son pays depuis six mois. C’est dès 1997 que cette agence, qui compterait des chefs d’Etats africains et des « sommités du CAC 40 »[1] parmi ses clients, commence à collaborer avec l’Agence tunisienne de communication extérieure (ATCE), « organe de propagande officielle » du régime, pour des honoraires de départ de 150 000 euros par an, plus de 200 000 euros les années suivantes.

« Reportages aux petits oignons »

Image 7 s’occupe d’organiser des galas (comme un gala contre le cancer au château de Versailles), mêlant des « dignitaires tunisiens » au « gratin politico-journalistique » français. Plus facile, ensuite, de décrocher « reportages et interviews aux petits oignons chez ces aimables confrères », souligne le Canard Enchaîné. Le groupe Le Figaro figurait en bonne place figurait en bonne place des médias pas trop critiques. En 2003, un voyage en Tunisie organisé par Image 7 de Michel Schifres, alors directeur délégué du quotidien, sera suivi d’une interview de Ben Ali portant sur la « bonne situation économique » ou la « place remarquable de la femme » en Tunisie.

Un « modèle de société moderne »

Dans un rapport de 2008, la chargée du dossier tunisien chez Image 7, Marie-Luce Skraburski, tout en se félicitant d’avoir contribué à faire connaître « ce modèle de société moderne qu’est la Tunisie grâce au dynamisme de son président », livre quelques réflexions intéressantes sur les journalistes moins « bienveillants » vis-à-vis du régime. Il s’agirait avant tout des « journalistes spécialisés dans la politique internationale, qui sont globalement de culture marxiste et droit-de-l’hommiste et essaient de présenter encore le régime tunisien comme un pays non démocratique, peu soucieux des droits de l’individu ».

@Europe-Asie



[1] CAC 40 : soit les quarante sociétés cotées par la Cotation assistée continue, qui a succédé à la Compagnie des agents de change, créée en 1988.

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