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Les nouveaux médias: à la recherche d’un modèle économique

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29/06/2011

En France, sur le modèle participatif, « J’aimelinfo.fr » a tenté de lancer une nouvelle plateforme pour attirer le soutien financier des usagers pour les nouveaux médias ou pour des enquêtes précises. Sans grand succès pour l’instant.

Lancé en mars 2011, le site « J’aimelinfo.fr » est une émanation du site d’information français Rue89. Son but était de susciter le soutien financier du public, soit pour des médias particuliers (120 sont répertoriés sur le site), soit pour des enquêtes ou reportages spécifiques. Dans une interview donnée à Edito, le journal des journalistes suisses, Laurent Mauriac, directeur de Rue89 et président de l’association « J’aimelinfo », souligne que le modèle n’est pour l’instant pas couronné de succès.

Journaux prestigieux gratuits

De quoi vivent les sites d’information ? A peu près de ce dont vit la presse écrite : principalement de la publicité, ou des contributions des lecteurs. Des sites aussi prestigieux que le New York Times, parce qu’ils attirent énormément de lecteurs, bénéficient de tels tarifs publicitaires grâce à un taux de fréquentation hors norme, peuvent se permettre de proposer leur contenu –avec archives depuis 1981- gratuitement.

Seul financement par la pub pour le Spiegel

En Allemagne, il y a l’exemple impressionnant du Spiegel online : une centaine de journalistes, des nouvelles 7 jours sur sept et 365 jours par année, 800 millions de pages, pour des revenus publicitaires –seule source de revenus- de 20 millions d’euros par année. Un observateur français s’étonne de l’absence de blogs sur le site du Spiegel : « Par besoin, rétorque Rüdiger Ditz. Les Allemands ont confiance dans la capacité d'analyse de leurs journalistes ». Bref, une approche aux antipodes de l’idée participative développée par certains cercles de journalistes aux Etats-Unis ou en Europe, qui pensaient impliquer davantage le lecteur : financièrement et par le choix des articles qu’il souhaiterait voir traiter.

Approche participative en panne

C’était l’idée de « j’aimelinfo.fr », qui, selon Edito, « ne rencontre pas le succès espéré ». « Plus d’un mois après son lancement, les promesses de dons globales n’ont pas dépassé 1000 francs » (à peu près 840 euros). « On s’est rendu compte que le moteur des dons ne pouvait pas être la plateforme jaimlinfo.fr », souligne Laurent Mauriac. « Plus de 120 médias en ligne sont inscrits sur le site. Nous n’avons pas les moyens de tous les mettre en avant ». Il s’agira désormais d’explorer « plusieurs direction », en mêlant les « modèles de financement ». A l’image, au fond, de Rue89, qui bénéficie à la fois de « pub en ligne », d’activité de « formation des médias » et d’une « agence web qui a le statut d’association ». « Toutes ces activités sont séparées », précise Laurent Mauriac, « et il n’existe aucun risque de collusion d’intérêts ».

Autre modèle économique encore, Mediapart, en France, créé notamment par l'ancien journaliste du Monde Edwy Plenel, a fait le choix de l'indépendance vis-à-vis des annonceurs et en ne proposant que de l'information payante. Et cela semble marcher: depuis l'automne 2010, Mediapart ne ferait plus de perte, vivant uniquement de ses abonnés.

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